Article abstract


L'objectif de cette étude était d'analyser les aspects épidémiocliniques, thérapeutiques et anatomopathologiques de la fistule urogénitale (FUG). L'étude rétrospective porte sur les cas de FUG admis dans le Service de Chirurgie Générale et Gynéco-obstétrique entre le 1er janvier 2014 et le 30 décembre 2015 y compris les 5 premières campagnes du projet fistule-Mali. La FUG occupe 19,53% de nos activités urologiques. L'âge moyen au 1er mariage: 16,57 ans. La majorité (96,70%) de nos patientes était analphabètes et non salariées provenant à 85,36% des communes rurales. La stagnation du travail était l'étiologie dominante avec 91,50% de mort-né. Les patientes étaient primipares à 43,33% et, parmi elles 53,60% n'ont effectué aucune consultation prénatale. Le taux de divorce lié à la maladie était estimé à 7,30%. La plupart des patientes ont bénéficié d'une fistulorraphie simple dont 121 par voie basse, 26 par voies hautes et 3 par la voie mixte. Les résultats ont été satisfaisants chez 65,33% et mauvais chez 34,66% des patientes. Les fistules type I et type V ont montré les plus forts taux de succès comparés aux fistules types IV. La fistule urogénitale demeure un réel problème de santé publique. Le traitement est surtout chirurgical et son pronostic est compromis par l'étroitesse du champ, la complexité des lésions et l'état du tissu environnant. L'accent doit être mis sur la promotion socioéconomique des filles et l'accessibilité aux soins obstétricaux d'urgence. La recherche et les échanges doivent continuer afin de faciliter la mise au point d'une classification standard.


English abstract

This study aims to analyze the epidemiological, clinical, therapeutic and anatomopathologic features of urogenital fistulas. We conducted a retrospective study of patients with urogenital fistulas admitted to the department of general surgery and gynecology and obstetrics between January 1, 2014 and December 30, 2015, including the first 5 fistula repair campaigns organized by the Fistula Mali project. Urogenital fistulas account for 19.53% of all urologic disorder treated during our daily practice. The median age at first marriage was 16.57 years. The majority of our patients (96.70%) was illiterate and self-employed, coming from rural areas (85.36%). Obstructed labour was the dominant etiology, with 91.50% of stillborn children. The patients were primiparous women (43.33%) and, among them, 53.60% received no prenatal care. The divorce rate associated with the disease was 7.30%. Most patients underwent simple fistulorraphy, of whom 121 underwent lower fistulorraphy, 26 upper fistulorraphy and 3 mixed fistulorraphy. Outcomes were satisfactory in 65.33% patients and poor in 34.66% of patients. Patients with type I and type V obstetric fistulas had the highest healing rate compared to patients with type IV fistulas. Urogenital fistulas are a real public health problem. Treatment is mainly based on surgery and prognosis is compromised by the narrowness of the surgical field, the complexity of the lesions and the condition of the surrounding tissue. The focus must be on the implementation of women’s socio economic development programs and on emergency obstetric care access. The research and discussion should continue to facilitate the development of a standard classification.

Key words: Urogenital fistula, obstructed labour, anatomopathologic classification