Article abstract


L'objet est de relever les caractéristiques épidémio-cliniques, diagnostiques, thérapeutiques et évolutives de la tuberculose génitale (TG) chez la femme en Tunisie. Nous avons mené une étude rétrospective, descriptive au service des maladies infectieuses de l'hôpital la Rabta de Tunis, sur une période de 15 ans et demi (janvier 2000-juin 2014). Nous avons inclus toutes les patientes hospitalisées pour une tuberculose génitale. 47 cas ont été colligés. L'âge moyen était de 42,2 ans. Dix-huit femmes étaient d'origine rurale. Un comptage tuberculeux a été retrouvé dans cinq cas. Pour tous les cas, le début était insidieux. Un ou plusieurs signes d'imprégnation tuberculeuse ont été rapportés dans 23 cas. L'intradermoréaction (IDR) à la tuberculine réalisée chez 35 femmes (74,8%), était positive dans 26 cas (74%). Trente-neuf patientes (83%) avaient eu une exploration radiologique par une échographie et / ou une tomodensitométrie (TDM) abdomino-pelvienne. Une cœlioscopie diagnostique a été réalisée dans 37 cas (75,5%). L'examen Anatomopathologique a permis de confirmer le diagnostic de TG dans 42 cas (89,3%) en retrouvant un granulome épithéloïde et giganto-cellulaire. Nous avons relevé 21 cas de TG isolée, alors que les 26 autres avaient une atteinte péritonéale associée. Toutes les patientes ont reçu une antibiothérapie spécifique associant l'Isoniazide, la Rifampicine, le Pyrazinamide et l'Ethamubutol pour une durée moyenne de 12 mois. Aucune patiente n'a reçu de corticothérapie et aucune chirurgie secondaire n'a été indiquée. L'évolution était favorable dans 39 cas, 8 patientes ont été perdues de vue. La TG est une pathologie rare qui ne représente que 0,5% de la tuberculose extra-pulmonaire, mais d'un grand polymorphisme clinique. La confirmation diagnostique est difficile et repose sur l'étude bactériologique et/ou histologique. Le diagnostic doit être évoqué devant toute symptomatologie abdomino-pelvienne trainante, devant une stérilité chez la femme, associé à un contexte épidémio-clinique évocateur.


English abstract

This study aimed to identify the epidemio-clinic, diagnostic, therapeutic and evolutionary features of genital tuberculosis (GT) among Tunisian women. We conducted a retrospective, descriptive study in the Department of Infectious Diseases at the La Rabta Hospital, Tunisia, over a period of 15 and a half years (January 2000 - June 2014). All patients hospitalized for genital TB were included in the study. The study focused on 47 cases. The average age of patients was 42.2 years. Eighteen women were from rural areas. Tuberculous contact was found in five cases. In all cases, the onset was insidious. Twenty-three patients showed one or several signs of TB infection. Tuberculin intradermal reaction (IDR) test was performed in 35 women (74.8%), it was positive in 26 cases (74%). Thirty-nine patients (83%) had undergone radiological examination using abdomino-pelvis ultrasound and/or CT scan. Diagnostic coelioscopy was performed in 37 cases (75.5%). Anatomopathological examination helped to confirm the diagnosis of GT in 42 cases (89.3%), showing epithelioid and giant-cell granuloma. We identified 21 cases of isolated GT, the remaining 26 cases had peritoneal involvement. All patients received specific antibiotic therapy combining isoniazid, rifampicin, pyrazinamide and ethamubutol with an average treatment duration of 12 months. No patient received corticosteroids or secondary surgery. Patients’ outcome was favorable in 39 cases, 8 patients were lost to follow-up. Genital tuberculosis is rare, representing only 0.5% of extra-pulmonary tuberculosis, but it accounts for a high prevalence of clinical polymorphism. Diagnostic confirmation is difficult and it is based on bacteriological and/or histological examinations. Diagnosis should be suspected in patients with chronic abdominopelvic symptoms, in women with infertility associated with suggestive epidemioclinical manifestations.

Key words: Genital tuberculosis, woman, diagnostic coelioscopy, quadritherapy