Article abstract


Les études récentes menées chez des patients atteints de maladie d'Addison (MA) ont permis de révéler que cette pathologie, même traitée, reste grevée d'une morbi-mortalité non négligeable. L'objectif de notre étude était de déterminer les effets délétères de la substitution glucocorticoïde au long cours principalement sur le plan métabolique et cardiovasculaire. Il s'agit d'une étude rétrospective qui a inclu 28 patients ayant une MA traitée, évoluant depuis plus que 15 ans. L'âge moyen était de 58,53 ans avec une prédominance féminine à 65%. La durée moyenne de suivi était de 17,87 ans. La dose d'hydrocortisone était initialement à 32,5mg/j (20,52 mg/m2) et à 27,9mg/j (16,41mg/m2) au moment de l'étude. La prévalence du syndrome métabolique (SM) au cours de la MA était de 35,71% après une durée de traitement supérieur à 15 ans. On note au terme du suivi que 28,57% des patients étaient obèses. Vingt-cinq (25)% des patients avaient développé une HTA et un diabète de type 2. La prévalence de la dyslipidémie était passé de 3,57% à 42,85%. Un seul patient avait présenté un infarctus de myocarde à 25 ans de suivi. Les facteurs favorisant la survenue du SM dans notre étude étaient l'ancienneté de la maladie et la perte du poids à la découverte de la maladie. L'ajustement du traitement substitutif au cours de la maladie d'Addison reste un enjeu au vu de la morbi-mortalité liée au surdosage. Un suivi régulier, et une approche thérapeutique personnalisée sont nécessaires pour améliorer le pronostic de ses patients.


English abstract

Recent studies conducted in patients with Addison’s disease (AD) highlighted that this disease, even after treatment, is a significant cause of morbi-mortality. This study aims to determine the cardiovascular and metabolic deleterious impact of long-course glucocorticoid substitution therapy. We conducted a retrospective study of 28 patients with treated Addison’s disease evolving for more than 15 years. The average age of patients was 58, 53 years, with a female predominance (65%). The average follow-up period was 17, 87 years. Initial dose of hydrocortisone was 32, 5 mg/day (20.52 mg/m2) and 27, 9 mg/day (16,41mg/m2) at the time of the study. The prevalence of the metabolic syndrome (MS) in patients with AM was 35.71% after a period of treatment longer than 15 years. At the end of the follow-up period, 28.57% of patients were obese; 25% of patients had developed AH (arterial hypertension) and type 2 diabetes. The prevalence of dyslipidemia went from 3.57% to 42.85%. Only one patient had myocardial infarction at 25-year follow-up. Factors favoring the onset of MS in our study were history of disease and weight loss at the moment of diagnosis. Adjustment of substitution therapy is a challenge in patients with Addison’s disease due to morbi-mortality associated with overdose. A regular follow-up and a personalized therapeutic approach are necessary to improve patients’ prognosis.

Key words: Addison’s disease, hydrocortisone, morbidity, metabolic syndrome, cardiovascular risk

 

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