Article abstract


Le diagnostic d’infarctus splénique est rarement évoqué chez la femme enceinte. L’incidence actuelle de ces atteintes notamment au cours des endocardites infectieuses ainsi que les moyens diagnostiques utilisés sont mal précisés dans la littérature. Une femme de 26 ans, sans antécédent particulier ni facteur de risque cardio-vasculaire, au terme de 14 semaines d’aménorrhée, consulte en urgence, pour un syndrome fébrile évoluant depuis 10 jours et l’apparition récente de douleur abdominale au niveau de l’hypochondre gauche. L’examen retrouve une fièvre à 39,5°C, une sensibilité de l’hypochondre gauche, et des panaris au niveau de la paume de la main gauche et de la plante du pied gauche. L’examen gynécologique était strictement normal. Devant ce tableau, une échographie abdominale réalisée retrouve une image anéchogène médiosplénique à sommet hilaire et à bords périphériques en faveur d’un infarctus splénique. Dans le cadre du bilan étiologique, une échocardiographie réalisée révèle une greffe oslérienne sur la valve mitrale qui est épaissie et remaniée, avec une végétation au niveau de la grande valve et une IM grade II. Des hémocultures ont été réalisées lors des pics fébriles qui étaient revenues positives au staphylocoque doré. L’évolution était marquée par la survenue d’un accident vasculaire cérébral ischémique étendu et aggravation de son état neurologique, conduisant au décès après plusieurs embolies systémiques. L’atteinte splénique chez une femme enceinte est très rare. Toutefois, devant une douleur abdominale aigue de l’hypochondre gauche, l’examen clinique et radiologique ne doit pas omettre l’exploration de la rate. Dans le cas présent, la douleur de l’hypochondre gauche associée à une fièvre et des faux panaris d’Osler s’est révélée être un infarctus splénique en rapport avec une endocardite infectieuse. Une antibiothérapie probabiliste de première intention lors de l’endocardite infectieuse est justifiée et devra être secondairement adaptée aux résultats bactériologiques. Rare, l’infarctus splénique peut avoir des conséquences sévères telles que des abcès ou une rupture, ce qui doit appeler à une certaine vigilance.


English abstract

The diagnosis of splenic infarction is rarely reported in pregnant women. Current incidence of splenic infarction, especially during infectious endocardites as well as diagnostic methods used are poorly specified in the literature. We here report the case of a 26-year old woman with no particular previous history or cardiovascular risk factor who, at the end 14 weeks of amenorrhea, presented to the Emergency Department with febrile syndrome evolving over 10 days and abdominal pain of recent onset at the level of the left hypochondre. Clinical examination showed febrile patient with a temperature of 39.5°C, tenderness of the left hypochondre and panaritium at the level of the palm of the left hand and of the sole of the foot. Gynecological examination was strictly normal. Given this clinical picture, abdominal ultrasound showed mediosplenic anechoic area with hilar apex and with peripheral edges, suggesting splenic infarct. Etiological assessment included echocardiography showing thickened and remodeled oslerian graft on the mitral valve with large valve vegetation and MI grade II. Blood cultures were performed during the febrile peaks and were positive for golden staph. Patient’s evolution was marked by the occurrence of large ischemic stroke and worsening of neurological condition, leading to death after several systemic emboli. Splenic infarction in a pregnant woman is very rare. However, clinical and radiological examination of the spleen must be performed in patients with acute abdominal pain of the left hypochondre. In the present case, pain of the left hypochondre associated with fever and Osler’s false whitlow was found to be splenic infarction associated with infectious endocarditis. Probabilistic antibiotic therapy as first-line therapy is justified during infective endocarditis and should be secondarily adapted to the bacteriological results. Although rare, splenic infarction can have severe consequences such as abscesses or rupture, which must encourage vigilance.

Key words: Splenic infarction, infectious endocarditis, pregnancy, ischemic stroke, antibiotic