Article abstract


Introduction: le dépistage sérologique de la toxoplasmose chez la femme enceinte n'est pas systématique en milieu rural au Bénin où l'hygiène de vie, souvent précaire des population, constitue un facteur favorable à la survenue de la maladie. Le but de notre étude était de déterminer le profil sérologique pergravidique de la toxoplasmose et les facteurs de risque associés dans la commune de Kpomassè en milieu rural au Bénin.

 

Méthodes: une enquête transversale a été menée de Janvier à Septembre 2016 dans une population de gestantes de deux centres de santé les plus fréquentés de la commune de Kpomassè au sud du Bénin. Les sérologies toxoplasmiques ont été réalisées à partir du sérum des gestantes par la technique immunologique microparticulaire par chimiluminescence (CIMA). Un questionnaire sur les facteurs de risque et la connaissance de l'affection a été administré aux participantes.

 

Résultats: l'étude a porté sur 399 gestantes âgées de 15 à 47ans (âge moyen de 26,56±10,02 ans). La quasi-totalité des enquêtées (99,05%) ne connaissait pas les modes de transmission de la toxoplasmose. Des anticorps IgG anti Toxoplasma gondii ont été retrouvés chez 144 patientes soit une séroprévalence de 36,1%. Deux cas de séroconversion pergravidique ont été diagnostiqués et traités par de la spiramycine avec une évolution favorable pour les deux enfants au cours de la première année de suivi. La consommation de crudités a été le facteur de risque identifié dans notre population d'étude. Dans la commune rurale de Kpomassé, la majorité des gestantes (64,9%) n'est pas immunisée contre le toxoplasme.

 

Conclusion: une sensibilisation sur les risques de contamination, une surveillance sérologique systématique et des mesures d'hygiène devraient être proposées lors des consultations prénatales afin de prévenir les séroconversions toxoplasmiques pergravidiques et protéger l'enfant.


English abstract

Introduction: serological tests for toxoplasmosis in pregnant women are not performed on a systematic basis in rural areas in Benin where people often live an unhealthy lifestyle and that represents a favorable factor for disease onset. Our study aimed to determine the perigravidic serologic profile of toxoplasmosis and the associated risk factors in the rural area of Kpomassè Municipality in Benin. Methods: we conducted a cross-sectional survey in a population of pregnant women at the two most attended health centers in Kpomassè Municipality, southern Benin, from January to September 2016. Serological tests for toxoplasmosis were performed using serum samples obtained from pregnant women, through chemiluminescent microparticle immunoassay. A questionnaire on risk factors and on disease knowledge was administered to participants. Results: the study involved 399 pregnant women aged 15-47 years (with an average age of 26.56±10.02 years). Nearly all of women surveyed (99.05%) were not aware of the modes of toxoplasmosis transmission. IgG antibodies against Toxoplasma gondii were found in 144 patients, reflecting a seroprevalence of 36.1%. Two cases of pergravidic seroconversion were diagnosed and treated with spiramycin, with favorable outcome in the two children during the first year of follow-up. Consumption of raw vegetables was the risk factor for toxoplasmosis in our study population. In the rural area of Kpomassè Municipality, the majority of the pregnant women (64.9%) were not immunized against toxoplasma. Conclusion: awareness should be raised on contamination risks and systematic serologic screening as well as hygiene measures should be implemented during prenatal consultations in order to prevent pergravidic seroconversions and to protect infants.

Key words: Toxoplasma gondii, pregnant women, seroprevalence, associated factors, rural area, Benin